Les jours passent et nous sommes toujours au large de Tahiti…
Pas de vent. Et plus personne ni aucune terre en vue.
Il est de ces lieux qui ne se laissent pas quitter aussi facilement. Tahiti a quelque chose d’attractif. Quelque chose qui ne se voit pas.
Peut-être d’ailleurs était-ce la dernière fois que nous la voyons…
Le temps. Il est relatif et peut être insoutenable lorsqu’il est vide, préoccupant ou douloureux. Relativiser, lâcher temporairement mais complètement ses envies, accepter…
Le calme. Le calme est parfois anxiogène, et donc douloureux, mais il peut être aussi apaisant. Inspirant. Un autre point de vu pour une autre réalité.
Il nous inspire les premiers hommes de la mer. Eux même nous inspirent la force de continuer.
Le plat.
La douce surface du pacifique nous offre une paix incroyable, une occasion unique de nous jeter quelques minutes à l’eau, accroché à un boot du bateau qui avance a même pas deux noeuds, et de magnifier le vide du temps par un bain dans cette piscine de notre Mère Nature avec plus de 3000 mètres de fond.
L’épreuve.
Le Soleil tourne autour de nos têtes jour après jour alors que nous mangeons allègrement les dernières vivres fraîches qui commencent à pourrir. Peu de vivres en perspectives et l’inconnu sur la durée réelle du voyage. Pas de vent et nos voiles qui frétillent trop lâchement au près pour nous souffler l’espoir…
Le doute fait surface, il arrive, revient facilement par n’importe quelle entrée. Il se combat. Persévérance et Acceptation raisonne soudain en chœurs dans nos esprits. A la minute, le vent souffle sa seule brise de la journée comme pour nous montrer que nous ne sommes pas seuls sous l’immensité du Ciel, et pour nous rappeler de ne jamais baisser les bras.
Give thanks.


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