7ème jour, samedi. Terre.
Ô petit oiseau qui nous apporte la bonne nouvelle. Merci.
Nous arrivons sur l’atoll à la voile seule dans un silence absolu.
Sept jours qui ont semblé à un début de traversée de désert.
Nous avons vu et effleuré la faim, la tempête, le doute, l’épreuve, le combat, le mana, les astres, les anges, les anciens, la vie.
Nous arrivons le coeur léger et détaché de tout besoin.
Ma route arrive a un carrefour :
Rester ici et reprendre la mer jusqu’aux prochaines terres. Puis continuer cette route, sans objectif et sans attente, pleinement ouvert à ce qui arrive autour de moi.
Aller au contact des gens, n’importe qui.
Et oeuvrer pour l’amour et la paix, selon mes possibilités.
(…)
Je sais que je ne suis pas le seul. Nous sommes.
Et beaucoup le font déjà, dans l’apprentissage, ou dans la maitrise.
L’autre choix me ramène chez moi. Dans deux heures décolle le dernier avion du week-end.
(…)
Mon voyage aurait pu se poursuivre, mais un gros nuage arrive sur le monde et la Polynésie, un nuage qui méritera probablement ma présence comme médecin et comme pilier à mon entourage et aux personnes de notre monde.
Alors je rentrerai.
Raccompagné à la voile jusqu’au quai devant l’aéroport.
« Comme un milliardaire. », me lance mon bro.
« Oui. Milliardaires du cœur mon frère ! »
Aguerris, prêts comme beaucoup à arpenter le chemin. Vides de toute nécessité si ce n’est celles de notre survie. Prêts à aller apporter de la paix sous n’importe quelle forme à qui en aurait besoin.
Sans but. Seulement le don. Cette forme du Don véritable.
**
J’arriverai de nuit en plein déluge sur un tarmac inondé.
Rentrer. Mettre par écrit toute cette histoire et la partager. Pour les miens, le sage, le curieux et l’enfant.
Affronter. Voir. Constater. Déplorer. Accepter.
Remettre ma blouse et mon stétho, mes gants et mon masque pour me joindre à ces millions de vaillants combattants inconnus pour la vie.
Rallumer mon internet pour redevenir joignable et présent pour les gens que j’aime.
Reprendre le fil interminable des actualités du monde qui raisonnent toutes les 5 minutes en provenance d’Asie, d’Italie, d’Europe, de France, des Antilles, de Guyane, de Polynésie…
Se reconnecter à ces réseaux virtuels qui modèlent notre nouveau monde social pour ne pas perdre le fil connecteur avec les gens du monde actuel qui se déprave.
Observer la misère qui se profile par les témoignages d’amis vivant aux quatre coins inégaux du monde.
Discours de guerre.
Non. Nous sommes en Paix.
Et la Paix a un prix.
Celui d’y croire, et d’agir.
Alors agissons, chacun à notre niveau, malgré nos activités personnelles.
Pour la sauvegarde de la vie, de l’équité, de l’équilibre et de la paix pour tout un chacun.
Récit d’un voyageur sur l’océan pacifique.
Merci pour votre tolérance et votre soutien.
Inspiré par chaque âme qui compose mon Ciel.
Paix sur vous.
Pitah.


